ETTY

Etty Hillesum est une jeune femme juive hollandaise de 27 ans, qui entreprend l’écriture de son journal entre 1941 et 1943, peu de temps avant sa déportation et son extermination dans les camps de la mort.

Entre boulimie de lecture et désir d’écriture, quête de vérité et soif de liberté, prière et méditation, son témoignage révèle une ascension spirituelle extraordinaire qui la place au rang des grandes mystiques du XXème siècle.

Philosophe dans l’âme, Etty réfléchit sans cesse sur l’humanité, la nature et les êtres, sa condition en tant que femme dans la société, en nous faisant part de ses craintes et de ses doutes, de ses angoisses et de ses espoirs, avec humilité, profondeur et authenticité.

Malgré la barbarie nazie dont elle est victime, Etty fait preuve, avec une admirable constance, d’un amour indéfectible pour la vie et d’une foi inébranlable en l’humain ; un don de soi absolu.

Visionnaire, féministe d’avant-garde, héroïne, guerrière pacifique, elle est de nombreuses fois rattachée à Simone Weil, Anne Franck ou encore Hélène Berr.

Etty porte des mots qui raisonnent dans nos cœurs, à travers les époques. Elle fait indéniablement partie des grandes humanistes de ce monde.

Note d’intention

Adapter le journal d’Etty Hillesum au théâtre, aujourd’hui, c’est avant tout mettre en lumière la modernité du discours et l’engagement humaniste et féministe qui en découle.

La résonance avec le monde actuel est plus que palpable. Les interrogations qu’Etty porte sur la condition des femmes et sur le conditionnement des individus dans la société occidentale sont d’une pertinence rare.

C’est tout l’intérêt de ce premier volet : Représenter une femme d’avant-garde à l’âme humaniste, comme une déclaration d’amour au monde, inébranlable.

Il s’agit donc davantage de mettre en valeur son caractère puissant et humble à la personnalité si profonde que l’humanité l’érige au rang des mystiques de son époque ; plutôt qu’à sa qualité de simple témoin et à ses origines juives. Bien que les circonstances politiques et sociales dans lesquelles s’inscrivent ce témoignage ait orchestraient son destin tragique. 

Nous savons que grand nombre de spécialistes d’Etty se chargent de faire valoir ce travail de mémoire historique nécessaire.

Nous voulons parler de la femme qu’éatait Etty Hillesum parce que cette femme nous ressemble. Une femme avec des revendications, des émotions, des joies et des peines semblablens aux nôtres. 

Tout en respectant la partition d’Etty, la lecture que nous voulons donner à entendre de cette femme est la grande part qu’elle accordait au travail.

Un travail de réflexion, d’écriture, de recherche de foi et d’identité sans relâche d’une profondeur et d’une modernité passionnante.

 

Nous voulons parler de la femme qu’était Etty Hillesum parce que nous nous reconnaissons en elle. Une femme avec des revendications, des réflexions, des joies et des peines semblables aux nôtres.

Etty s’interroge constamment sur la place des femmes : celle qu’on leur donne, celle qu’elles s’infligent ou s’imposent à elles-mêmes, pour elles-mêmes, celles qui leur est imposée par la société dirigée par des hommes.

Sa clairvoyance et son intelligence démontrent fort bien que ce combat pour la liberté et l’égalité n’est pas simple et qu’il peine à s’ancrer dans nos réalités, tant l’identification est forte.

Nous voulons parler de la femme au-delà de son identité à laquelle l’histoire pourrait la restreindre. Car cette femme est immense et la guerre dans sa furie destructrice n’a fait qu’accélérer son chemin vers la lumière. 

Presque un siècle plus tard, pour les femmes et les hommes du monde entier, ses mots raisonnent. 

Morsure

Ce disours fort et poétique prend la forme d’un monologue que deux comédiennes se partagent, l’une avec son violon symbolisant l’âme d’Etty, l’autre par le jeu symbolisant la pensée d’Etty.

Chacune par son son espace, dispose de sa zone d’expression, l’une (l’âme) sur une petite estrade en fond de scène centrale, l’autre (la pensée) à une table en avant-scène à jardin. A plusieurs reprises, les deux espaces se heurtes et les frontières se brisent pour à la fin, laisser place à une seule entité, deux corps marchant ensemble vers la même destinée.

Nous avons voulu rendre compte de la richesse intérieur et du tempérament haut en couleur d’Etty grâce à une exploitation de tous les supports artistiques vivants tel que le jeu, le chant, la danse, la musique. Pour cela, nous avons recherché et entretenu une vitalité, une fraîcheur et une générosité dans les différentes propositions des actrices au plateau pour rendre compte de cette personnalité hors du commun.

Interactions, adresses frontales, et ruptures du quatrième mur sont fréquentes. Par ces ruptures, un effet de montagnes russes permet de cueillir le public dans son émotion la plus intime.

Devant lui ce duo semble pouvoir tout jouer, tout vivre, tout raconter. Il y a quelque chose d’explosif mêlé de douceur, de provoquant tout en restant profond, quelque chose de l’ordre du sensible et pourtant indestructible. 

C’est un théâtre simple et engagé, où chaque objet se métamorphose sous le regard que leur portent les actrices.

Un Théâtre Poupées Russes

Le journal d’Etty étant etrêmement riche et dense, il a été nécessaire de faire des coupes. Ce travail de découpe nous obligeant à nous séparer de certains mots, nous avons voulu rendre compte de cette sensation de trancher dans le coeur de l’oeuvre. Nous avons exploré différents objets, crée une relation avec ces derniers par lesquels surgissent des parcelles de vivant sans cesse réinventées :

Un vilon devient visage, l’eau devient Vodka, un archet devient aiguille, un drap devient page blanche…

La scène représente un intérieur, écho d’une dualité confinée.

Un petit théâtre de marionnettes apparaît alors, lové au centre d’un théâtre de la parole comme une mise en abyme toujours renouvelée. 

Le Verbe Témoin

Monter le journal d’Etty Hillesum, c’est mettre en lumière des mots.

Ces mots, qui se révèlent extrêmement intimes et clairs par la puissance même du journal, témoigne d’un état de recherche constante, une quête de vérité et d’humanité :

« vaincre mes peurs et livrer le fond de mon cœur ».

On peut qualifier la pensée philosophique d’Etty comme un véritable examen de conscience.

Ces mots sont les témoins d’une réflexion profonde sur le monde :

Etty est toujours en mouvement. Hyperactive de la pensée, nous avons représenté un corps qui ne dort jamais. Une danse survoltée qui compose avec toute les adresses et toutes les maladresses. 

Notre parti-pris a été de retranscrire la pensée d’Etty, d’abord décousue, cérébrale, hâtive, par une exploration vocale performative : du parler-chanté à la rapsodie en passanr par la quotidienneté du langage ou encore une parole complétement déconnéctée du corps… selon les expérences qu’elle traverse.

Une Partition Musicale

La musicienne violoniste représentant l’âme d’Etty est droite, sereine, apaisée et grande. Elle sait le chemin.

Elle contraste complétement avec l’énergie de la petite Etty.

Son rôle au plateau est d’accompagner la petite Etty, prisonnière de ses pensées. Pour cela, elle la teste, la met à l’épreuve.

Cette dualité incarnée au plateau rendra compte du combat intérieur d’Etty pour la vérité et l’élévation spirituelle.

Cela se traduit par une pratique assidue de son instrument avec quoi Etty Pensée doit composer. Le chant, le mouvement et la musique créée différentes ambiances et subliment les mots et le corps dans sa quête de sens et de veticalité.

Un Corps en Quête de Liberté

Dans la continuité d’une création pluridisciplinaire, les Attentives aiment dire que le corps est décor. En effet, les deux artistes sur scène sont avant tout deux corps singuliers qu’elles donnent à voir. Le texte d’Etty révèle une vraie sensualité et un rapport au corps très charnel. 

Au début de la pièce, Etty dont le puit d’énergie inépuisable semble la « détraquer » est embarassée par un corps trop lourd. Par son désir d’écriture intense, Etty entreprend un véritable examen de consience. Ce chemin de vérité la conduit à une spiritualité immense, transformant son être tourmenté en corps temple, comme émancipé de toute contraine sociale. 

La danse comme objet pictural, par la présence de chorégraphie dévorant tout l’éspace, apportent un supplément d’âme et de poésie à la pièce, à l’image de la puissance des mots. 

Cie Les Attentives

Compagnie théâtrale créée en 2016 par Amélie Hennes, Les Attentives ont pour ambition d’adapter des œuvres contemporaines ou créations originales qui veillent au devoir de mémoire et qui défendent le droit des femmes. Humanistes, féministes, Les Attentives mettent un point d’honneur à proposer des spectacles pluridisciplinaires, mariant ainsi systématiquement le théâtre avec le chant, la danse, la musique en live, la photographie, l’art pictural et la poésie. Pour sa première création, A. Hennes met en scène Berlin, ton danseur est la mort d’Enzo Cormann, au théâtre de l’Epée de Bois, Cartoucherie de Vincennes, en 2018, puis Qu’attendent les Orages de Béatrice Hennes, une performance poétique et musicale jouée pour la première fois au théâtre de la Croisée des chemins, puis à la Bellevilloise, à Paris, et au 6b à Saint-Denis, en 2018 et 2019. Ensemble, Amélie et Béatrice Hennes mettent en scène pour octobre 2021 Notre Vertu Inexorable à Oublier les Lâches, une création basée sur des témoignages réels de femmes victimes de violences sexuelles. Les Attentives croient fermement en l’humanité, et sont convaincues que l’art demeure une arme redoutable contre toutes formes d’intolérance, d’inégalités et d’ignorance.

 

Concéption Adaptation & Jeu

Etty

AMELIE HENNES

Elle est comédienne, metteuse en scène et autrice de théâtre.

Elle se forme très jeune en tant que comédienne aux Cours Florent, puis au Cours Myriade avant d’intégrer le Conservatoire d’Art Dramatique de Villeurbanne.  A sa sortie, elle est membre fondateur de la compagnie Le Coracle. Elle joue ainsi Les Vagues de Virginia Woolf et Médée de Sénèque.

Elle campe également plusieurs rôles à l’ENS de Lyon et fait partie du théâtre de la Clairière, à Besançon, où elle joue dans deux mises en scène de Pierre Louis (L’Annonce faite à Marie et Courbet). A Paris, Elle reprend une formation à l’EPCM et à l’EDT91., ainsi qu’à travers différents stages aux Tréteaux de France. Elle enchaîne les rôles avec Et on inventera d’autres danses (Collectif 12), Les Liaisons dangereuses (Pianocktails) au Festival d’Avignon, et Opéra pour que le faible résiste (AST-Kazem Shahryari). 

Elle fonde la compagnie théâtrale Les Attentives et se lance ainsi dans la mise en scène avec Berlin, ton danseur est la mort, d’Enzo Cormann, jouée en juin 2017 dans le cadre du Festival du Printemps de la Création à l’AST, puis propulsée au Théâtre de l’Epée de bois, CARTOUCHERIE, en 2018.

Elle met également en scène Qu’attendent les Orages de Béatrice Hennes, et travaille actuellement sur deux projets qui lui tiennent particulièrement à coeur: Les Femmes naissent et demeurent, Volet 1: ETTY, et Notre Vertu inexorable à oublier les lâches (V.I.O.L), prévus pour la rentrée 2021.

 

Jeu & Violon

CAMILLE DE PRESSAC

Elle suit une formation musicale en conservatoires, où elle étudie le violon et le piano, l’orchestre et la musique de chambre.

Elle se forme en art dramatique, d’abord au Lucernaire avec Marie Frémont et Sarah Mesguich, puis entre ensuite au Conservatoire du VIIe arrondissement avec Daniel Berlioux où elle participe à de nombreux spectacles dont Tableaux d’une exécution d’H. Barker, Le chien, la nuit et le couteau de M. Von Mayenburg et Angela et Marina de N. Huston, qu’elle met en scène.

Elle découvre le théâtre burlesque et le clown auprès de Jean-Claude Cotillard, Jos Houben et Yvo Mentens. Rapidement, elle intervient dans des ateliers pour amateurs avec lesquels elle réalise plusieurs mise en scène (J.Anouilh, H.Levin, W.Shakespeare).

En tant que comédienne, elle joue dans Rien pour Pehuajo de J. Cortazar ( Festival Off d’Avignon ), Citrons citrons citrons citrons citrons de S. Steiner à Avignon, Paris et en tournée. 

Elle co-fonde la Cie Ici-là avec Nelly Fantoni et joue dans leur première création Le peintre de batailles (festival Off Avignon, Ecam, Théâtre des deux rives).

Elle concilie le violon et le théâtre avec la Cie Les Attentives en jouant dans Berlin, ton danseur est la mort d’E.Cormann ( Théâtre de l’Epée de Bois ) et la Cie Les Anges mi-chus dans Une assiette chromatique, création pour jeune public.

Elle continue de suivre des cours de chant à l’école de la Manufacture Chansons et réalise plusieurs courts-métrages.

Création Musicale

AGNES LERDOU

Après 12 ans de conservatoire à Châtillon dans le 92, notamment en saxophone, Agnès se met à tâter d’autres instruments et objets sonores, et à fabriquer sa propre musique dans les années 2000. 

Entre 2007 et 2012, elle collabore avec Les Débutantes sous la direction de Thomas Adam Garnung sur des projets mêlant théâtre, danse et vidéo. 

En 2009, avec son complice Brice Corbizet, elle remporte un 1er Prix au Concours Musiques en Courts de Sceaux pour une musique originale jouée en direct sur le court-métrage Peau neuve de Clara Elalouf.

 Elle est Saxophoniste et parfois percussionniste au sein de l’Ensemble Vocal et Instrumental de Châtillon sous la direction d’Enzo Gieco. 

Toujours prompte à participer à des projets pluridisciplinaires faisant la part belle à la poésie sous toutes ses formes, elle cherche et échafaude depuis 2017 principalement avec La Compagnie
Troupadeux sous la direction d’Agnès et Bruno Lomenech dans  Les Mots couleur et dans Derrière les éclipses. 

Elle rejoint La Compagnie Les Attentives sous la direction  d’Amélie Hennes pour  Qu’attendent les orages, Berlin, ton danseur est la mort, et trois autres projets en cours…

Mise en Scène 

MATHILDE DELASSUS

Elle se revendique de l’enseignement de Grotowski, du travail en laboratoire, d’une combinaison de la spontanéité et de la discipline formelle de l’acteur et d’un théâtre pauvre. Le rythme et la musicalité inscrites dans les corps, les voix, les silences sont au cœur de son travail de mise en scène. Elle veut faire surgir le monde des rêves dans des tableaux vivants, éphémères… faits de souffles et de tremblements.

Sa Compagnie Jusqu’à L’aube met en scène des écritures nouvelles.  Elle tente de composer une matière scénique en respectant la partition écrite, qu’elle soit publiée ou non. Elle travaille régulièrement avec La Compagnie Les Attentives dont elle aime le travail engagé, puissant et poétique.

Photographe

INES DERUMAUX

Comédienne et danseuse, Inès  vient du  classique à Paris, avant de suivre les classes contemporaines, modernes et jazz en Allemagne. Après ses études de théâtre, danse et chant à l’Institut Supérieur des Arts de la Scène à Paris, elle joue entre Paris et Orléans, participe au festival d’Avignon en 2017 et intègre ensuite une compagnie franco-tunisienne où elle participe au festival de Carthage à Gafsa et Tunis.  En 2020, elle intègre en tant que comédienne la compagnie Les Attentives à Paris, qui donnera son prochain spectacle en représentations au Théâtre À la Croisée des Chemins à Paris en novembre/décembre 2021.

Parallèlement à tous ses projets, Inès a cœur de retranscrire sa vision de l’art et de l’humain derrière et au travers de son appareil-photo. Ainsi, depuis 10 ans, Inès  photographie diverses pièces de théâtre, sur scène, sur les tournages, et surtout, les artistes en tous genres.

Les Conditions générale

-Tarif : 2000€ pour le spectacle complet (à débattre)

-Prix dégressif dès l’achat de la 2ème représentation

-Transport : défraiment pris en charge par le théâtre qui accueille le spectacle

-Espace idéal : 5m x 5m

L’estrade en fond de scène, installé sur des roulettes, est ajustable à l’espace. Il est donc possible d’adapter le spectacle selon le lieu de représentation, si les dimensions de l’espace utilisé ne sont pas trop restreintes.

-Durée : 1 heure

-Loges : un espace proche du lieu de représentation doit être mis à disposition des comédiens

-Le décor et les costumes sont à la charge du collectif. 

Galerie Photos

© La talentueuse Inès Derumaux. Suivez la sur Instagram :