Morsure

C’est une pièce courte. Elle est construite en quatre actes composés chacun de quatre scènes. Au commencement il y a le chat, sorte de figure Dyonise qui raconte déjà ce qui va suivre. Il n’y a pas de surprise, tout est annoncé dès le départ. Il prévient le spectateur de ce qu’il va se passer. Nous sommes dans un format qui fait échos à la Tragédie. Ensuite Nous plongeons dans de petites scénettes du quotidien un peu étranges mais pas anormales. Et Puis il y a ces sortes de slogans qui viennent raconter tout autre chose, tout le contraire peut être. Il y a le rêve qui raconte à sa façon ; et raconter ses rêves ici n’est-ce pas le sentiment de maitriser l’histoire ? Derrière le côté très structuré des actes il y a la petite fille qui joue à être poupée et la poupée qui joue à être chat. Ont-elles le choix ? Derrière le cadre il y a le chaos. Derrière le récit très construit la folie. Derrière le fait divers il y a la tragédie. Cette pièce porte effectivement un regard atypique sur la famille. Une grande source d’inspiration fut EXPLICATION de Pierre Guyotat. Notamment deux passages. L’un où il parle de la condamnation des hommes par d’autres hommes par l’exil ou l’enferment ; en quoi cela est une invitation à recréer une communauté à son image. Il questionne la notion de frontière de ligne entre l’intérieur et l’extérieur, et je me suis dit qu’une famille c’était un peu cela, la possibilité pour deux condamnés de recréer une société à leurs images à l’intérieur de leurs lignes, hors du monde ; tant que ces lignes tiennent. Jusqu’où peuvent-elles tenir ? Ces questions ce sont celles des contes aussi : La chèvre de monsieur Seguin, Rapunzel, toutes les princesses… en fait c’est aussi une histoire de femmes… d’ailleurs ils n’y a que des filles à part le père… et le cousin… à qui l’on demande de partir, enfin qui s’en va de son propre chef puisque personne ne le force à partir et qu’il est ici chez lui… Le deuxième passage d’EXPLIATION que je voudrais partager c’est pour le citer « Mais quand à moi, j’intériorise trop l’Histoire, passée, actuelle et, je dirais même, future, pour faire cette distinction entre évènement extérieurs et évènements intérieurs ; je pense aussi que pour tout être humain, du plus « petit » au plus « grand », le flux intérieur est plus fort que le flux de la plus grand histoire ; c’est la force terrifiante du Moi, dont on a peine à imaginer même qu’elle n’agira pas après la mort. » Je partage viscéralement cette idée et c’est ce qui doit surgir de cette « petite histoire ». Elle porte un flux très fort, si fort qu’il raconte quelque chose de plus grand. C’est ce qui surgit entre les lignes.

Direction d’Acteurs

 

Dans la mesure du possible ne pas modifier Le texte à l’épreuve du plateau. Partir donc des mots et de ce qu’ils racontent déjà dans la structure globale. Partir de la rythmique de l’écriture pour comprendre ce qu’elle inspire à la respiration, au corps. L’éprouver. En extraire toutes ses possibilités. Le questionner dans un travail à la table avec les acteurs. Que l’on s’interroge ensemble sur ce que cela peut bien raconter. Sur ce que cela tait. Se raconter ensemble ce qui nous semble tu. Nourrir les acteurs de cet imaginaire collectif autour de l’écriture. Trouver notre terreau commun avec cette histoire. Que chacun s’empare d’une petite part du secret. Que les personnages commencent à se dessiner par le travail de lecture. Puis faire confiance aux acteurs.

J’aimerais leur proposer beaucoup de travaux d’improvisations autour des thématiques de l’enfance, de la famille, du rêve, du mythe, de la violence. Des improvisations chantées, dansées. Trouver des images, de beaux paysages intérieurs et surtout la rythmique du spectacle que j’imagine tout en ruptures. Trouver le lourd dans l’invisible et une cruelle légèreté dans ce qui est dit. C’est quelque chose de vif à saisir. Il y a aussi la notion de répétition à éprouver. Il y a des scènes irrésolues qui ressurgissent comme des vagues. Il y aura plusieurs plans de narration à trouver. Le Rêve (au sens Freudien), l’Acte (au sens d’initial, de sacré) et le Théâtre (En tant que Jeu de l’enfance). Comment les retranscrire au plateau ? Il sera demandé énormément de corporalité, la musique sera fabriquée au plateau par les acteurs. Très peu de décors. C’est un théâtre de l’instant où les acteurs fabriquent les images avec ce qu’ils sont. Les acteurs sont à la fois tendres et cruels avec leurs personnages. Des personnages qu’il ne faut pas épargner, qu’il faut presser, malmener. Nous travaillerons aussi sur la notion de manichéisme pour mieux l’empêcher. Comment rendre par l’expérimentation du contraire, l’expansion ou la contraction d’une situation donnée (Aller donc vers un théâtre physique, organique pour donner du relief au texte).

Sur la notion sacrificielle du rite au théâtre. Nous nous nourrirons de faits divers arrivés au sein de familles. Le chat sera joué par une jeune fille. Il faut que l’actrice soit souple et athlétique. C’est un rôle à la fois chorégraphique et acrobatique. Le chat est au centre de la toile. Sa mort a une fonction cathartique. Le cousin et les trois sœurs doivent également avoir une corporalité très travaillée. Tous les comédiens doivent être pluridisciplinaires et au moins très à l’aise et libre avec leurs voix chantées et leurs danses. Tous les rôles sont écrits pour des adultes. Les rôles des trois sœurs sont joués de préférence par des adultes. Le cousin par un adulte. Pour les parents et la grand-mère, les personnages peuvent être joués par des acteur.ices un peu plus âgé.e.s mais ils peuvent tout aussi bien être tenus par des acteurs ayant le même âge que les enfants.

Le corps du chat à la fin, immense, est à trouver, à fabriquer ; il est sacré. Comme certaines choses sacrées apparaissent en rêve. Le ventre du chat à la fin pourrait être une immense morsure par exemple.

Sources Majeures

La violence et le sacré de René Girard. « Les tragiques nous montrent des personnages aux prises avec une mécanique de la violence dont le fonctionnement est trop implacable pour donner prise au moindre jugement de valeur, pour permettre toute distinction, simpliste ou subtile, entre les « bons » et les « méchants ». C’est bien pourquoi la plupart de nos interprétations modernes sont d’une infidélité et d’une indigence extraordinaire ; elles n’échappent jamais complétement à ce « manichéisme » qui triomphe déjà avec le drame romantique et va s’exaspérant depuis. »

La Maladroite d’Alexandre Seurat. Inspiré de l’infanticide de la petite Marina au Mans. Tuée par ses parents après des années de sévices dans la cave de leur domicile (et chose étrange alors que ses frères et sœurs étaient eux, bien traités par leurs parents).

L’œuvre de Jean Genet. Sa poésie, Les paravents. Par l’absurde et la cruauté avec tout l’humour que peut porter une situation portée à son paroxysme. C’est toujours le garder dans un coin de sa poche comme gardien d’un théâtre de la vérité. La force du beau et la fascination du pire. Son côté hors système qui l’a poussé à raconter l’histoire de ceux qui souffraient du système, des mauvais, des miséreux, des laids, de l’inextricable justice entre le bien et le mal. Son rapport au fait divers avec Les bonnes. Et puis son rapport à l’enferment qui l’a fait écrire, pour s’évader ! « Il fallait écrire pour sortir de prison » dit-il. Le fait d’écrire « pour sortir de prison. Sortit de prison, l’écriture n’avait plus de raison d’être. C’est mes livres qui m’ont fait sortir de taule, mais après quoi dire… ». « Je ne pense pas qu’un homme puisse être transformé parce que j’ai écrit. Il peut détester ce que j’ai écrit ou adhérer à ce que j’ai écrit. […] d’ailleurs un tortionnaire n’est pas complétement un tortionnaire. […] chaque homme fait de tout sa pâture et il n’est pas transformé par la lecture d’un livre, par un tableau ou par un musique il me semble. Il transforme au fur et à mesure tout çà. Et il en fait quelque chose Qui lui convient. »

L’oeuvre de Gabily. Son écriture et sa manière de faire du théâtre. D’inscrire une rupture par rapport à une époque où le théâtre était selon lui de l’ordre du décoratif et de l’inutile. Son retour permanent à l’enfance et aux temps anciens. Revenir sur les lieux. « […] Elle te demande ce que c’est qu’un almanach mais avant que tu es tenté une explication, elle dit se relevant maintenant « c’est bien joli mais je voudrais descendre. » Descendre. Par l’échelle. Descendre C’est de cela en effet qu’il s’agit ; et elle dit qu’au moins ça c’est amusant. On va explorer, dit-elle. Puis : « Est-ce qu’on aura assez d’allumettes ? » Ne t’inquiètes pas, il me reste encore le briquet. (Que tu sors que tu lui montres). Alors ça va, dit-elle, on peut s’y risquer… »

Les contes de Perrault

 

 

« Commençons par poser le rythme comme préalable, et on verra bien. »

 Pierre Guyotat.

Fiche technique du Spectacle

Les Conditions Générales de Vente

-Tarif : 2000€ pour le spectacle complet (à débattre)

-Prix dégressif dès l’achat de la 2ème représentation

-Transport : défraiment pris en charge par le théâtre qui accueille le spectacle

-Espace idéal : 8m x 5m

Le décor de fond de scène, installé sur des portant, est ajustable à l’espace. Il est donc possible d’adapter le spectacle selon le lieu de représentation, si les dimensions de l’espace utilisé ne sont pas trop restreintes.

-Durée : 1 heure

-Loges : un espace proche du lieu de représentation doit être mis à disposition des comédiens

-Le décor et les costumes sont à la charge du collectif. 

Eclairage et Son

Lumière et son à fournir ou à louer par le théâtre qui accueille le spectacle. le matériel utilisé peut-être adapté en fonction de la salle. Notre régisseur peut se rendre disponible sur l’ensemble des dates proposées.

-Lumière :

-1 Console 12 Voies

-4 Projecteurs PAR 64 de 1kw

-3 Projecteurs découpe de 650 w

-1 Projecteur fresnel de 650 w

Branchement :

-1 bloc de puissance 6 x 2.5 kw

-2 lignes 32 A mono de 10 mètres

-3 multiprises M4

-20 prolongations 16 A de 10 mètres

Accroches :

-1 pont lumière de 8 m de long avec pieds support

-7 accroches projecteurs « mains de singe »

Son :

-Régie son (ordinateur du Collectif branché sur le système son de la salle)

-Deux micros sans fil